Homélies 2026

  • 7° Dimanche de Pâques (A)

    Jn 17, 1b-11a
    Les onze premiers versets du chapitre 17 de l'évangile de Jean que nous venons d'entendre ouvrent la prière de Jésus pour ses disciples. Il y est question du Père, du Fils et aussi de glorification. Pas moins de 5 occurrences dans les 5 premiers versets et une sixième plus loin. Le verbe en grec traduit par « glorifier » dans l'évangile signifie aussi « honorer », « louer » ou encore « célébrer ».
  • Ascension

    Mt 28, 16-20
    Il existe en japonais un mot presque intraduisible : ma — 間. On le traduit parfois par « espace », « intervalle », « silence ». Le ma, c'est l'espace entre des personnes ou des objets, le silence entre deux notes dans la musique ou une pause dans une conversation. En architecture, c’est une sorte de vide, quelque chose qui n’est pas là et qui pourtant donne sa forme à tout le reste. Mais le ma n'est pas un vide
  • 6° Dimanche de Pâques (A)

    Jn 14, 15-21
    Depuis plusieurs jours c’était le combat. Depuis plusieurs jours c’était le combat avec la Parole de Dieu. J’avais lu et relu lentement les textes d’aujourd’hui. Mon cœur était sec. Puis comme le soleil qui se fraie un chemin à travers les nuages et vient éclairer doucement une partie du paysage, des mots s’éclairaient. « Je ne vous laisserai pas orphelins ». Il est toujours nécessaire que le Ressuscité ouvre les Écritures.
  • 5° Dimanche de Pâques (A)

    Jn 14, 1-12
    « Dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure… » La maison du Père de Jésus est celle où tous peuvent trouver une maison, un lieu où demeurer. Nous avons tous le bonheur d’avoir une maison, un lieu qui nous protège et qui nous rassemble avec nos proches. C’est important une maison. Mais il existe autour de nous des personnes sans domicile fixe et les médias nous disent le nombre immense des réfugiés qui ont tout perdu, à Gaza, en Ukraine, au Liban, en Iran et ailleurs…. Les moines d’un tout petit monastère de Côte d’Ivoire ont dû, un jour, accueillir des centaines de refugiés dont le village avait brûlé et qui étaient sans toit.
  • 4° Dimanche de Pâques (A)

    Jn 10, 1-10
    Frères et sœurs, rappelez-vous il y a six semaines : c'était le 4ème dimanche de Carême, avec l'Évangile de la guérison de l'aveugle de naissance. Le contexte était extrêmement polémique. Le ton montait progressivement entre Jésus et les pharisiens jusqu'au paroxysme final : vous croyez voir mais vous êtes des aveugles (Jn 9, 39.41). Les pharisiens s'enfonçaient dans leur aveuglement, tandis que le regard de l'aveugle-né s'éclairait jusqu'à confesser sa foi au Christ.
  • 3° Dimanche de Pâques (A)

    Lc 24, 13-35
    « Nous espérions que c’était Lui qui allait délivrer Isarël ! » « Nous espérions » disent ces deux hommes découragés, déçus d’un Jésus qui n’a pas rejoint leur attente, déçus d’un Jésus à l’avenir prometteur qui aurait dû leur assurer des lendemains qui chantent et qui finit lamentablement sur une croix. Deux hommes qui broient du noir en ressassant l’échec de leur héros qui n’a donc pas tenu ses promesses. Et il y en a eu à l’époque de Jésus, de ces faux prophètes, de ces faux messies et autres gourous promettant monts et merveilles. N’aurait-il été qu’un marchand de rêve parmi d’autres ?
  • 2° Dimanche de Pâques ou de la Divine Miséricorde (A)

    Jn 20, 19-31
    Frères et sœurs, aujourd’hui, c’est pour tout croyant le jour de saint Thomas. Car, vous le savez bien, des enquêtes statistiques ont largement montré que l’on pouvait se dire croyant et catholique et ne pas croire à la Résurrection ou avoir bien du mal à y croire.
  • Jour de Pâques (A)

    Jn 20, 1-9
    Imaginez que vous recevez une lettre importante. Une vraie, pas une facture, pas une pub pour une cuisine équipée, une lettre qui compte. Elle arrive un matin, mais vous êtes pressé, un peu fatigué, déjà en retard. Vous la posez sur le coin de la table, en vous disant : « Je verrai ça plus tard. »
  • Nuit de Pâques (A)

    Mt 28, 1-10
    L'ange descend du ciel, roule la pierre, et s'assoit dessus, nous dit l'Évangile. Pourquoi s'asseoir ? Peut-être que l'ange est un peu fatigué après avoir roulé la pierre. Mais il est plus probable que ce geste soit symbolique, qu'il veuille nous dire autre chose.
  • Vendredi Saint

    Jn 18-19
    La Croix nous dérange. Elle dérange parce qu'elle ne correspond pas à l'image que nous voudrions avoir de Dieu : un Dieu fort, victorieux, qui intervient avec puissance, qui empêche le mal, qui protège les siens. Un Dieu qui gagne. Et là, sur cette croix, nous voyons un homme qui souffre, qui meurt, qui semble abandonné. Alors une question se pose : où est Dieu dans tout cela ?
  • Jeudi Saint

    Jn 13, 1-15
    Frères et sœurs, il m’est arrivé une fois, lors d’une rencontre, pendant une pause-café, d’être bousculé par quelqu’un qui passait et de renverser mon café. Plus tard, un frère m’a demandé : « Sais-tu pourquoi ton café s’est renversé ? » Je lui ai dit : « Oui, parce qu’on m’a bousculé. » L’autre a souri et a répondu : « Non. C’est parce qu’il y avait du café dans ta tasse. S’il y avait eu du thé, c’est du thé qui se serait renversé. »
  • Dimanche des Rameaux (A)

    Mt 26, 14 – 27, 66
    Frères et sœurs, au Japon, il existe un art très ancien appelé kintsugi (ce qui signifie "jointure dorée"). Quand un bol en porcelaine se brise, au lieu de le jeter à la poubelle, on recueille patiemment les morceaux, puis on les recolle avec une laque mêlée de poudre d’or. Les fissures ne sont pas effacées : elles restent visibles, grâce à l’or elles deviennent lumineuses.
  • 5° Dimanche de Carême (A)

    Jn 11, 1-45
    « Jésus se mit à pleurer ». Frères et sœurs, c'est le verset le plus court de toute la Bible. Simplement trois mots : « Jésus se mit à pleurer ». Lorsque les premiers imprimeurs de la Bible, au XVIe siècle, ont dû découper le texte biblique en versets, ils ont pris la décision de faire de ces trois seuls petits mots un unique verset. Décision étonnante et... bouleversante.
  • 4° Dimanche de Carême (A)

    Jn 9, 1-41
    « En passant, Jésus voit, avec ses disciples un aveugle de naissance ». Un même regard sur ce qui s’offre à leurs yeux ; deux interprétations différentes : pour les disciples, un coupable : « de qui vient le péché, de lui ou de ses parents pour qu’il soit né aveugle ? Pour Jésus, un innocent :« de personne ». Là où les hommes, sous l’influence de l’opinion commune courante, voient du péché, Jésus, dans la pureté bienveillante de son cœur, voit la gloire de Dieu prête à se manifester.
  • 3° Dimanche de Carême (A)

    Jn 4, 5-42
    Dans cet Évangile, Jésus, un homme juif s'adresse à̀ une femme de mauvaise réputation, Tout cela en terre de Samarie, or les Juifs détestaient les Samaritains qui étaient pour eux un peuple d'hérétiques. Pour Jésus, nul n'est trop loin pour Dieu. Pour lui, personne n'est impardonnable ni irrécupérable. Toute femme, tout homme a droit à̀ l'eau vive de sa Parole et de son Amour.
  • 2° Dimanche de Carême (A)

    Mt 17, 1-9
    Transfiguration d’un visage qui devient brillant comme le soleil, de vêtements qui deviennent blancs comme la lumière. Qui est cet homme transfiguré véritablement? Qui est Jésus ? Pour ses trois disciples, Pierre, Jacques et Jean qu’il entraîne avec lui à l’écart sur une haute montagne, il est le Messie attendu par Israël, il est celui qui les a choisis avec quelque autres pour être ses témoins. Pierre, quelques jours avant cet épisode, pose un acte de foi : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ».
  • 1° Dimanche de Carême (A)

    Mt 4, 1-11
    Frères et sœurs, essayons d’entrer dans le mystère de Jésus soumis à la tentation. Jésus véritablement tenté.
  • Mercredi des Cendres

    Mt 6,1-6.16-18
    Un jour, un moine découragé par sa prière alla trouver un maître spirituel : « Dis-moi comment prier pour bien prier. Je m’applique, je fais des efforts, j’essaie différentes méthodes (même celles des vidéos YouTube), mais je n’y arrive pas. Je ne sens rien. » Le maître ne répondit pas tout de suite. Il emmena le moine au bord d’un lac, au lever du soleil.
  • 6° Dimanche du TO*A

    Mt 5, 17-37
    Dimanche dernier P. André-Jean nous a rappelé que nous sommes le sel de la terre - Benoît XVI précisait que nous sommes le sel et pas le sucre ! Et qu’il n’est pas nécessaire non plus de renverser la salière ! Aujourd’hui, nous avons entendu trois textes bibliques qui nous parlent de sagesse (il faut noter que la sagesse, en latin, a rapport à la fois à la saveur et au savoir). Les textes nous parlent donc de sagesse et de loi et Jésus a l’air d’en rajouter une couche : « je ne suis pas venu abolir la loi mais l’accomplir ! »
  • 5° Dimanche du TO*A

    Mt 5, 13-16
    C'est à nous que Jésus parle : « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde … », nous chrétiens d'aujourd'hui, disciples de Jésus, nous sommes « le sel… la lumière… » À première vue, devant la réalité du monde présent, face à la situation générale de l'humanité, on pourrait nous interroger sur le résultat, sur le changement , la transformation, la conversion que cela a produit.
  • 4° Dimanche du TO*A

    Mt 5, 1-12a
    Voici qu'aujourd'hui, comme une provocation, l'Evangile nous propose d'être « heureux », mais d'un bonheur certainement autre que celui auquel pensent bien des gens. Un bonheur paradoxal, paradoxalement simple et large, pas un bonheur hypocrite au sens étymologique du terme, c'est à dire qui vise trop bas, mais un bonheur où l'on est appelé à viser plus juste et certainement plus loin que soi-même. Un bonheur qui s'enracine alors dans notre incarnation concrète et qui vient de bien plus loin que nous-mêmes et nous entraîne plus loin que nous-mêmes.
  • 3° Dimanche du TO*A

    Mt 4, 12-23
    C’est le dimanche de la Parole. Alors saint Matthieu fait sa lectio divina, il lit les Écritures, et il y cherche le Christ. Comme nous. Où est donc le Christ dans les Écritures, dans ce que nous appelons l’Ancien Testament? Matthieu aime bien la géographie, explorer la Terre sainte, et bien sûr l’histoire, l’histoire sainte. Ces deux-là, l’histoire et la géographie, c’est absolument la même chose, et c’est pourquoi jusqu’au bac, c’est le même prof qui les enseigne. La géographie, c’est l’histoire observée dans l’espace, la météo qui transforme la terre, la géologie, et donc les migrations, les peuplements, la démographie… et l’histoire, c’est la géographie regardée dans le temps, se transformant à travers l’évolution, les actions humaines, les millénaires, les siècles, les années.
  • 2° Dimanche du TO*A

    Jn 1, 29-34
    Nous entrons donc aujourd’hui dans la semaine de prière pour l’unité des chrétiens et nous y entrons avec nos frères orthodoxes, nos frères issus de la réforme, luthériens et calvinistes, nos frères des églises évangéliques et cela depuis des décennies. Nous venons d’entendre l'évangéliste Jean nous rapporter dès le début de son évangile le témoignage de Jean-Baptiste au sujet de Jésus qui venait vers lui : « J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui ; et moi je ne le connaissais pas mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit « celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l'Esprit Saint ». Moi j'ai vu et je rends témoignage : c'est lui le Fils de Dieu ».
  • Le Baptême du Seigneur (A)

    Mt 3, 13-17
    Frères et sœurs, il y a des événements simples dans l’Evangile que nous pouvons imaginer et même comprendre de prime abord, sans difficultés : les rencontres de Jésus avec tous les malades, avec les foules.
  • Épiphanie du Seigneur

    Mt 2, 1-12
    « Hérode, voyant que les mages s’étaient moqués de lui, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants jusqu’à l’âge de deux ans à Bethléem et dans toute la région, d’après la date qu’il s’était fait préciser par les mages ». C’est la suite de l’Évangile de ce jour, après le songe de Joseph. La liturgie ne nous offre pas aujourd’hui ce verset ; il dit cependant le réel dans lequel s’incarne le Verbe de Vie. Ce réel qui continue dans notre histoire.
  • Sainte Marie, Mère de Dieu

    Lc 2, 16-21
    Un jour, un expert, durant une conférence propose une expérience. Il prend un grand bocal de verre et le remplit complètement de gros cailloux. Puis il demande à son public : « Est-ce que ce bocal est plein ? » Tout le monde répond : « Oui ». « Bien, nous allons voir. », répond-il. Puis, il verse dans le bocal des graviers qui se faufilent entre les cailloux et remplissent le bocal. À nouveau, il pose la question : « Est-ce que le bocal est plein ? ».