2° Dimanche du TO*A Jn 1, 29-34

Nous entrons donc aujourd'hui dans la semaine de prière pour l'unité des chrétiens et nous y entrons avec nos frères orthodoxes, nos frères issus de la réforme, luthériens et calvinistes, nos frères des églises évangéliques et cela depuis des décennies.
Nous venons d'entendre l'évangéliste Jean nous rapporter dès le début de son évangile le témoignage de Jean-Baptiste au sujet de Jésus qui venait vers lui : « J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui ; et moi je ne le connaissais pas mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit « celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l'Esprit Saint ». Moi j'ai vu et je rends témoignage : c'est lui le Fils de Dieu ».

Ceux qui sont baptisés dans la foi au Père, au Fils et au Saint-Esprit, ceux qui le proclament Seigneur, vrai Dieu, vrai homme sont encore aujourd'hui divisés par les aléas de l'histoire, les conflits de compréhension et d'interprétation du mystère du Christ, les trop longs siècles de méfiance, de distance et même de guerre.
Notre pays a connu les guerres de religion entre catholiques et fidèles des églises issues de la réforme. Ce temps est heureusement terminé depuis des décennies mais les plus anciens parmi nous se souviennent des villages des montagnes ou des plaines du Tarn divisés, méfiants, repliés sur eux-mêmes, où un temple et une église se faisaient face.

Heureusement, des initiatives de rencontre ont vu le jour et la fraternité a remplacé la méfiance ! Je me souviens des semaines de l'Avent qui rassemblaient catholiques et protestants près de Peyregoux et d'autres groupes œcuméniques qui sont nés dans cet élan.
Le concile Vatican II a encouragé les catholiques à convertir leur regard sur les frères séparés et à entreprendre une conversion dans leur manière de considérer et de parler les uns des autres ; un élan fut donné !
Certains peuvent penser qu'il s'est un peu essoufflé, tant les relations entre membres des diverses églises se sont réchauffées et sont devenues fraternelles, mais aujourd'hui nous rendons grâce pour les pas en avant sur le nécessaire et laborieux chemin vers l'unité : le patriarche Bartholomeos était à l'assemblée plénière des évêques de France en novembre dernier à Lourdes, lui-même et le pape Léon XIV se sont retrouvés à Nicée en cette année anniversaire de ce grand concile de Nicée, 15000 jeunes européens se sont rassemblés à Paris pour les journées annuelles à l'initiative de la communauté de Taizé il y a quelques semaines...

A chaque célébration eucharistique, la prière de Jésus pour l'unité est rappelée après le Notre Père ; si nous faisons tout cela, c'est pour rejoindre la prière de Jésus à son Père pour l'unité. Jean l'apôtre nous la rapporte dans son évangile et je vous lis quelques phrases de cette prière - que le Seigneur nous donne de pourvoir entendre cet appel à l'unité qui est le désir de Dieu : « J'ai manifesté ton nom aux hommes que tu m'as donné du milieu du monde, ils étaient à toi, tu me les a donnés et ils ont observé ta parole. Je prie pour eux, je ne prie pas pour le monde mais pour ceux que tu m'as donné ; ils sont à toi, et tout ce qui est à moi est à toi comme tout ce qui est à toi est à moi, et c'est ainsi que j'ai été glorifié en eux. Père saint, garde-les en ton nom que tu m'as donné pour qu'ils soient uns comme nous sommes uns. Je ne prie pas seulement pour eux, je prie aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi : que tous soient uns comme toi, Père, tu es en moi et moi je suis en toi. Qu'ils soient en nous aussi afin que le monde croie que tu m'as envoyé ».

L'unité, signe de notre origine commune : le cœur de Dieu. Fruit de l'unité qui règne en Dieu, qui est la vie même de Dieu - du Père, du Fils et de l'Esprit. L'unité, signe de l'œuvre de Dieu qui rassemble ses enfants dispersés ou divisés. Oui, l'unité entre les fidèles des églises chrétiennes mais aussi entre les êtres humains : dialogues et rencontres avec les croyants des autres religions, engagements des nombreux, très nombreux hommes de bonne volonté pour la construction d'un monde de justice, de paix, de fraternité…

Chacun d'entre nous doit être un ouvrier de paix et d'unité là où il vit, en commençant par nos familles, nos voisinages, nos pays, l'accueil de ceux et celles qui viennent d'autres continents, mais nous devons aussi être acteurs d'unité au plus profond de notre cœur, à l'intérieur de nos personnes mêmes afin de pacifier nos pensées, nos paroles trop dures, nos actes de division.

Que l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde hâte le jour où sera visible l'unité entre les disciples de celui dont ils proclament « c'est lui le Fils de Dieu » ! Amen.

Mgr Georges Pontier