Le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ (A) Jn 6, 51-58
Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n'avez pas la vie en vous. Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle… Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi je demeure en lui.
Devant ces paroles étranges on comprend qu'une partie des disciples aient cessé de suivre Jésus et pas seulement parce que la Loi interdisait la consommation du sang ; 2.000 ans d'Eucharistie, de Foi en la présence réelle ont passablement gommé l'étrangeté et la crudité des termes.
Manger et boire renvoient à la nourriture sans laquelle nous ne pouvons vivre… Cette nourriture que nous devons assimiler pour pouvoir vivre c'est-à-dire qui disparait à notre profit : elle meurt pour que nous vivions.
Jésus, homme, comme tout homme a mangé et bu avec ses disciples, mais quand il parle de nourriture, comme il le dit dans l'épisode de la Samaritaine, il signifie tout autre chose : ma nourriture c'est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé, et nous savons que cette œuvre, ce travail il l'a accompli jusqu'au bout. Et c'est cela qu'il est venu nous apprendre en nous en donnant l'exemple.
Ensuite quand il parle de manger sa chair et de boire son sang, il ne parle pas de disparaitre mais au contraire de demeurer, lui en nous et nous en lui. Manger sa chair et boire son sang, ce que nous fait faire l'eucharistie, c'est pour qu'il puisse demeurer en nous et nous en lui.
Toi en moi et moi en eux, dit Jésus à son Père dans la prière sacerdotale : en recevant le corps du Christ nous recevons aussi son cœur et donc son amour pour le père, cet amour qu'il vit, qu'il concrétise en faisant la volonté de son Père.
Recevoir, consommer au sens fort l'Eucharistie, c'est recevoir et entrer dans ce qui est sa nourriture, c'est-à-dire dans ce travail qui consiste à aimer et à obéir. C'est prendre conscience que comme lui, nous venons de Père et nous allons vers le Père ; c'est prendre conscience donc du vrai sens profond de notre vie : de Dieu à Dieu ; et c'est comprendre que nous ne pouvons vraiment donner sens à notre vie sans ce travail de l'amour et de l'obéissance. C'est ce travail de l'obéissance et de l'amour qui le rend présent à nous et nous rend présents à lui.
P. Thierry