27° Dimanche du TO*A Mt 21, 33-43

Dans l'oraison de ce Dimanche nous nous adressons à « la tendresse inépuisable de Dieu », tendresse, amour que la 1ère lecture et l'Evangile illustrent par l'image de la vigne. Non seulement le peuple d'Israël mais chacun de nous est comme la vigne du Seigneur. Vigne chère à son cœur, vigne qu'il plante lui-même et dont il prend soin jusqu'à ce qu'elle soit capable de porter des fruits.

C'est son amour qui nous donne de vivre, c'est sa tendresse qui nous donne chaque jour ce dont nous avons besoin pour grandir, c'est son amour qui veille sur nous et nos protège que nous en ayons conscience ou pas. Dans la tendresse de son amour il fait pour nous tout ce qu'il peut faire pour que nous portions du fruit, un fruit digne de cet amour. Mais ce fruit que nous portons c'est à nous et non à lui de choisir ce qu'il sera.
La liberté qui est la nôtre, fruit de son amour pour nous, de sa tendresse respectueuse pour nous, ouvre et garde un champ dont nous sommes les seuls propriétaires, dans lequel il ne peut entrer ni intervenir, nous donne et nous laisse le choix de la qualité du fruit à donner, à offrir. Au seuil de cette liberté il se contente d'espérer et de regarder ce que nous décidons de faire.

L'espérance de sa tendresse, le rêve de son amour est de nous voir répondre à sa tendresse par la tendresse, à son amour par notre amour… mais il se garde bien d'intervenir et, dans l'infini respect que lui dicte son amour pour nous, il se contente de nous dire : "ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais qu'il te fasse, fais-lui le bien que tu veux le voir faire pour toi".
Cela semble aller de soi, mais nous savons bien qu'il n'en est rien : le premier fils d'Adam, Caïn, n'a-t-il pas tué son frère par jalousie qui est justement le contraire de l'amour ? Le fruit que nous devons porter pour répondre à l'amour de celui que nous donne d'être, est de laisser vivre en paix, de faire vivre en paix, en nous Caïn et Abel, ces frères qui demeurent éternellement en nous, qui sans cesse se tendent la main et se tournent le dos, qui voudraient se supprimer et ne peuvent se passer l'un de l'autre.

Propriétaires de la vigne que nous sommes chacun de nous-mêmes, quel regard portons-nous les uns sur les autres, celui de l'envieux qui veut s'emparer de l'héritage de l'autre, ou celui de l'aimé qui, confondu, ne sait comment répondre à l'amour dont il est aimé ? Du choix de ce regard dépend la qualité du fruit que nous porterons… et pour nous aider dans ce choix St Paul nous dit : "ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l'action de grâce, priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes". En sachant que la seule demande importante est de pouvoir, de savoir répondre à l'amour par l'amour.

P. Thierry