17° Dimanche du TO*A Mt 13, 44-52
Trésor caché dans un champ, perle recherchée de grande valeur, filet jeté dans la mer. Ces trois images disent quelque chose qui se laisse trouver parce que déjà là caché quelque part, qu'il faut chercher à acquérir en renonçant à d'autres biens et enfin qui permet de retenir ce qui est bon et rejeter ce qui est mauvais. Que sont ce trésor, cette perle, ce filet ? Le royaume des cieux nous dit le Seigneur.
Autrement dit, le Seigneur lui-même car ce royaume des cieux est au dedans de Dieu, il y est contenu. Un royaume des cieux vide de créatures humaines n'aurait aucun sens. Un royaume n'existe qu'à l'aune de ses sujets qui le constituent et d'un roi qui les gouverne, les sauve et surtout les aime.
Ainsi, si le Seigneur et ses dons, le Seigneur et son royaume des cieux sont ce trésor, cette perle, ce filet, nous sommes tous autant pour lui, de façon unique et singulière, ce trésor caché dans le champs du monde, cette perle de grande valeur achetée au prix de son sang, ce filet qui rejette notre péché par sa miséricorde et garde ce qui est bon.
Au fond, nos trésors, nos perles, nos filets ou ce que nous prenons pour tels à travers toutes sortes d'artifices et de séduction ne sont pas tant des chose extérieures et mondaines à posséder que quelqu'un par qui se laisser trouver et aimer. Notre trésor à chercher se trouve dans notre désir renouvelé de nous laisser trouver par celui qui nous cherche inlassablement, qui guette notre cœur pour en faire un trésor.
Notre trésor, c'est de se savoir aimer de Dieu au-delà de tout mal qui défigure son amour, de se croire dans sa lumière même lorsque les ténèbres nous enveloppent, de l'espérer lui et son Royaume au-delà de ce monde en agonie et en souffrance. Aimer, croire, espérer, voilà ce que le Seigneur nous donne. Le don de sa vie pour le genre humain dit quelque part son amour, sa foi, son espérance en notre humanité.
Il nous appartient de savoir reconnaître ces trésors, ces perles, ces filets au milieu des vicissitudes de nos existences et d'y découvrir le passage du Christ, les traces d'un Dieu proche. Non seulement les reconnaître, mais surtout les accueillir.
Non seulement les accueillir, mais savoir à notre tour devenir un trésor, une perle, un filet pour son frère, sa sœur, pour quiconque cherche en toute sincérité la paix, la fraternité, la communion, pour quiconque cherche la lumière et aspire à quelque chose de plus haut et de plus profond que lui-même.
Ainsi, un saint Antoine, après avoir écouté le trésor de l'évangile, vendra tous ses biens et se retirera au désert pour embrasser la vie érémitique et s'enfoncer dans la prière. Il deviendra un trésor pour ses frères.
Des païens des premiers siècles, témoins de la charité des premières communautés chrétiennes, reconnaissant là une perle d'amour de l'humanité deviendront disciples du Christ à leur tour ; autant de perles répandues au milieu du monde.
Que dire, aujourd'hui, des nouveaux baptisés attirés par le filet du Seigneur et de son Église qui ont troqué un filet fait peut-être de non-sens, de futilité, de matérialisme pour le filet de l'évangile et de ses promesses de vie en abondance ?
Tous en des temps historiques et des contextes différents auront su reconnaître et accueillir ce trésor, cette perle, ce filet qui ne porte qu'un seul nom : Jésus-Christ. Et tous à leur tour seront devenus quelque part un trésor, une perle, un filet pour le monde, le Seigneur et l'Église. Car ces trésors, ces perles, ces filets lorsqu'ils sont reconnus et accueillis n'atteignent leur plus haute valeur et leur plus pure qualité que partagés avec tous, offerts au plus grand nombre. Un trésor ne l'est véritablement que dans la mesure où il contribue à l'enrichissement de tous. La résurrection est ce trésor divin que Dieu est venu partager à l'humanité entière. Amen.
F. Nathanaël