7° Dimanche de Pâques (A) Jn 17, 1b-11a
Les onze premiers versets du chapitre 17 de l'évangile de Jean que nous venons d'entendre ouvrent la prière de Jésus pour ses disciples. Il y est question du Père, du Fils et aussi de glorification. Pas moins de 5 occurrences dans les 5 premiers versets et une sixième plus loin. Le verbe en grec traduit par « glorifier » dans l'évangile signifie aussi « honorer », « louer » ou encore « célébrer ».
Glorifier, c'est donc aussi honorer, louer, célébrer une personne que l'on estime, que l'on aime voire que l'on adule parce que la connaître nous élève et nous donne de la joie. Comment ? L'évangile nous le dit : par le nom. « J'ai manifesté ton nom aux hommes ». Glorifier le nom.
Acclamer le nom d'une personne choyée, aimée, les adolescents en savent quelque chose. Notre monde est plein d'une glorification profane de noms de la chanson, du sport, du spectacle voire de la politique. En toute logique, une telle glorification est promise à la caducité, à la disparition... puisque c'est la gloire des hommes. Mais cet exemple commun révèle derrière cette réalité que toute glorification procède en fait d'une élection dont le fruit est une communion.
Le nom de l'élu du cœur est doux aux oreilles d'un couple d'amoureux. Le nom d'un enfant à naître est doux aux oreilles des parents qui le prononcent avant même sa naissance. Le nom d'un ami pour un ami. Le nom d'une communauté pour celui qui la découvre et y aspire.
Cependant, pour tout cela il faut une élection du nom, un choix, un engagement qui n'est pas le but en soi mais le point initial, toujours à rechoisir d'ailleurs, par lequel un mystère de communion se donne à vivre et se manifeste au présent. Les signes, au-delà de ceux visibles, sont ceux de manière imperceptible d'un accroissement de notre vie intérieure et spirituelle qui dilate le cœur et le féconde pour toujours mieux glorifier le nom de l'autre, changer avec lui et grandir en communion.
Or, dans l'évangile, il s'agit de la glorification de Dieu et de celle de ses enfants autrement dit de celle de Jésus le Christ et de ceux qui le reconnaissent vraiment comme le Fils sorti du Père et envoyé par lui dans le monde pour faire connaître son nom, pour accomplir son œuvre.
Glorifier le nom du Fils et donc du Père dans son cœur par la prière, les psaumes, la lectio divina, les sacrements, les œuvres, c'est être en communion avec l'Esprit et l'Église. C'est alors croire et se reconnaître appelé par le Messie, c'est espérer être glorifié par lui au jour de la résurrection.
La gloire procédant de l'élection du nom est offerte à tous depuis Adam jusqu'au dernier homme, c'est-à-dire que Jésus invite tous les hommes à se laisser glorifier par Dieu plutôt que par un monde passager.
Et porter le nom de Jésus n'est en rien exclusif de ceux qui tissent notre chemin de vie où qu'ils en soient de leur propre chemin. En glorifiant le nom de Jésus, lui nous glorifie ainsi que les noms portés dans notre cœur dont nous sommes alors pour eux comme des ambassadeurs auprès du Père.
En glorifiant le nom de Dieu et les noms des hommes, nous intercédons, dans le mystère d'une communion, les uns pour les autres. La glorification du nom de Jésus par son Esprit Saint nous donne dès lors de vivre comme en embryon de la vie promise auprès du Père, comme en embryon de la vie des enfants de Dieu dans le royaume à venir. Le nom de Jésus est bon à celui qui l'aime et qui désire être aimé de lui.
Comme nous le chantons dans un psaume : « Nous te célébrons, ô Dieu. Nous te célébrons et nous invoquons ton nom. » Puisse le Seigneur nous garder fidèle à célébrer son nom jusqu'au jour de notre naissance au ciel. Amen.
F. Nathanaël