6° Dimanche de Pâques (A) Jn 14, 15-21
Depuis plusieurs jours c'était le combat. Depuis plusieurs jours c'était le combat avec la Parole de Dieu. J'avais lu et relu lentement les textes d'aujourd'hui. Mon cœur était sec. Puis comme le soleil qui se fraie un chemin à travers les nuages et vient éclairer doucement une partie du paysage, des mots s'éclairaient. « Je ne vous laisserai pas orphelins ». Il est toujours nécessaire que le Ressuscité ouvre les Écritures.
« Je ne vous laisserai pas orphelins ». Jésus avait conscience du drame qui allait se jouer pour ses disciples. Ils avaient vécu tellement de choses depuis 3 ans. Ils allaient être maintenant séparés, du moins ils ne pourraient plus le toucher, l'écouter de la même façon. Jésus ne pensait pas à sa mort toute proche mais à ses chers disciples.
« Je vous enverrai un autre Défenseur ». Autre… car Lui aussi Jésus les avait défendus des attaques des pharisiens quand ceux-ci s'en prenaient aux disciples qui n'avaient pas fait leurs ablutions avant le repas ou lorsqu'ils froissaient du blé le jour du sabbat. Mais ce Défenseur sera en eux et à côté d'eux. Présence la plus intime qui soit parce qu'intérieure. Présence accompagnée du Père et du Fils car ils sont toujours ensemble. Trinité qui est en chacun de nous. Quelle merveille !
Présence ineffable et Présence active. C'est eux qui ont envoyé Philippe, l'apôtre, en Samarie, et ce par l'intermédiaire d'une persécution. Etienne venait d'être lapidé. Les juifs de langue grecque se sont dispersés. Mais cette dispersion a été le tremplin pour le témoignage. Philippe, le juif, proclame le Christ dans une contrée d'ennemis séculaires aux juifs ; la Samarie. Les samaritains sont attachés aux paroles de Philippe parce qu'ils remarquent que ce n'est pas seulement un beau parleur mais qu'il opère le bien : « beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris ». Et cependant il y a un manque. Philippe s'en est-il aperçu ? Pierre et Jean qui viennent de Jérusalem le comble ; ils imposent les mains aux convertis et ils reçoivent l'Esprit Saint. C'est une grande joie en Samarie.
Résumons-nous ; avoir l'Esprit Saint en nous et poser des gestes de bonté… Que nous manque-t-il ? La réponse se trouve sur les lèvres de saint Pierre ; « Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l'espérance qui est en vous ». Oui, c'est important pour chacun de nous où que nous en soyons dans notre foi, débutant ou ayant déjà fait un long chemin, de nommer notre foi et de nous arrêter pour nous poser d'abord en nous-mêmes la question en quoi et en qui je crois. De pouvoir formuler nos propres phrases pour ensuite pouvoir les exprimer. Cependant Pierre précise la manière de le faire : « Faites-le avec douceur et respect ».
Me revient en mémoire un prêtre qui, au cours d'un repas, haussait le ton pour parler de Jésus-Christ. Il essayait de convaincre. Dans le mot « convaincre », il y a le mot « vaincre ». Cela me semble en contradiction avec le manière de Jésus ; il était pauvre et vulnérable.
L'attitude juste me semble être celle de notre pape face au président des États-Unis. Léon XIV a parlé avec douceur et respect. Puissions-nous parler ainsi.
En conclusion apéritive : en nous et à côté de nous demeure le Paraclet, Il nous envoie témoigner par notre vie et nos paroles du Christ. Soyons toujours prêts à rendre compte de l'espérance qui est en nous pour que la Joie se répande dans le monde. Amen.
P. Michel Laloux, ofm