Sainte Marie, Mère de Dieu Lc 2, 16-21
Frères et sœurs, un jour, un expert, durant une conférence propose une expérience. Il prend un grand bocal de verre et le remplit complètement de gros cailloux. Puis il demande à son public : « Est-ce que ce bocal est plein ? » Tout le monde répond : « Oui ». « Bien, nous allons voir. », répond-il. Puis, il verse dans le bocal des graviers qui se faufilent entre les cailloux et remplissent le bocal. À nouveau, il pose la question : « Est-ce que le bocal est plein ? ». Le public, commençant à comprendre, répond : « Non. » Il prend ensuite un sac de sable qu'il verse dans le bocal. Le sable, à son tour, se faufile entre les cailloux et les graviers jusqu'à remplir le bocal. Il fait enfin de même avec la bouteille d'eau : l'eau, à son tour, remplit le bocal. « Quel enseignement pouvons-nous tirer de cette expérience ? », demande-t-il à son public. « Cette expérience montre que si l'on ne met pas les gros cailloux en premier dans le bocal, on ne pourra jamais les mettre tous. Il faut donc commencer par les gros cailloux avant de s'attaquer aux petits. Les gros cailloux sont nos priorités ; les graviers, le sable et l'eau sont des choses de moindre importance que nous avons tendance à faire passer en premier.»
Frères et sœurs, les gros cailloux, c'est ce qui compte vraiment, ce qui est important. L'évangile de ce 1er janvier nous raconte justement l'histoire de personnes qui ont su reconnaître ce qui comptait vraiment. Les bergers entendent une annonce étonnante : un Sauveur est né. Rien ne les oblige à bouger. Ils pourraient continuer à garder leurs troupeaux, rester dans leur routine, se dire que ce message n'est pas pour eux. Mais ils font un choix : ils se lèvent, ils marchent, ils cherchent. Ils reconnaissent que cette parole mérite d'être mise au premier plan, comme la grosse pierre dans le bocal de leur vie.
Et ce qu'ils trouvent est déroutant : un enfant couché dans une mangeoire. Rien de spectaculaire. Rien qui corresponde aux critères habituels de la réussite, de la puissance, de la gloire ou de la grandeur. Pourtant, c'est là le gros caillou. C'est là que Dieu se donne, dans cet enfant fragile et dépendant. Les bergers reconnaissent que ce qui compte vraiment n'est pas ce qui brille, ce qui écrase, mais ce qui est donné par Dieu, parfois humble et fragile.
Saint Luc nous dit : « Ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né. » Ils ne découvrent pas une idée, mais une présence. Et Marie est citée la première. Elle est celle qui, depuis l'Annonciation, a fait de la place à Dieu dans le bocal de sa vie. Pourtant, elle ne comprend pas tout. Elle ne maîtrise pas l'avenir. Elle ne sait pas encore ce que deviendra son enfant. Mais elle sait écouter. Elle sait accueillir. Elle sait garder dans son cœur les événements, même quand ils la dépassent. « Marie retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. », nous dit S. Luc.
Autour d'elle, les gens informés par les bergers, s'étonnent, mais cela ne dure qu'un instant, puis elles passent à autre chose. Pour elles, cet événement reste une curiosité, un fait divers parmi d'autres dans les actualités. Pour Marie, au contraire, c'est l'essentiel. Toute sa vie sera transformée en profondeur par cette naissance, par ce « gros caillou ».
Frères et sœurs, aujourd'hui, nous sommes le 1er janvier. Une nouvelle année s'ouvre devant nous comme un bocal vide, ou presque. Très vite, il se remplira : travail, responsabilités, imprévus, soucis, joies aussi. Mais la question demeure : qu'allons-nous mettre en premier ? Si nous commençons par le sable et l'eau, il n'y aura plus de place pour l'essentiel. Si, en revanche, nous commençons par les gros cailloux - Dieu, l'amour, la paix, la relation vraie, la présence aux autres - alors tout le reste trouvera sa place.
En ce jour où nous fêtons Marie, Mère de Dieu, demandons la grâce d'un cœur capable de discernement, capable de choix justes. Demandons la grâce de reconnaître, comme Marie et Joseph, ce qui compte vraiment, et de l'accueillir avec joie dans nos vies.
fr. Maximilien