3° Dimanche de l'Avent (C) Lc 3, 10-18

Alors que nous progressons dans le temps liturgique de l'Avent, frères et sœurs, l'Evangile de ce jour précède le ministère public de Jésus.
Séduites par sa prédication, des foules viennent à la rencontre de Jean le Baptiste, chacun lui demande ce qu'il doit faire pour se préparer à la venue du Messie.

Cet évangile est comme une invitation à se réapproprier cet enseignement avec les actualisations qui s'imposent.

À l'adresse des foules, le Précurseur rappelle le devoir du partage.

À la nourriture et au vêtement, qui, de tous temps, constituent le minimum vital, sans doute ajouterait-il aujourd'hui l'obligation de procurer, à ceux qui n'en ont pas, un logement décent, une véritable assistance médicale, l'accès à l'éducation.

Des publicains, méprisés parce que soupçonnés de pactiser avec l'occupant romain et de profiter de leur statut pour s'enrichir, Jean le Baptiste exige qu'ils soient honnêtes. Ramenée à notre époque, cette recommandation s'accompagnerait de l'interdiction de tout type de spéculation, de profit ou d'enrichissement malhonnêtes.

Aux soldats, eux aussi mal considérés, le Précurseur demande de ne pas user arbitrairement de la violence et de ne faire de tort à personne. Cela vaut pour tous les temps.

Qu'il s'agisse des foules, des publicains ou des soldats, Jean le Baptiste n'invite donc aucun de ceux qui viennent à sa rencontre, à quitter sa situation familiale ou à déserter son métier.

Non, ce qu'il demande, c'est que chacun se prépare à la venue du Messie en mettant en œuvre, dans son existence humaine et professionnelle, ces trois exigences de toujours que sont le partage, l'honnêteté et le respect de chacun.

Voilà, me semble-t-il, qui rejoint le mystère de Noël que nous célébrerons la semaine prochaine.

Car, au cœur de l'Incarnation du Fils de Dieu fait homme, figure la merveilleuse nouvelle d'un Dieu qui a pris notre condition humaine et partagé pleinement notre vie d'homme à l'exception du péché.

Que la tradition ait retenu de Jésus qu'il avait exercé le métier de charpentier, ou que nombre de ses paraboles soient empruntées au monde du travail ne peut être, en cela, considéré comme secondaire.

Pas plus que ne doivent être sous-estimés ses appels incessants à ce que chacun fasse fructifier ses talents et mette ses compétences au service du Royaume de Dieu.

Cet appel nous concerne tous !

Puissions-nous, partout où nous œuvrons, contribuer à embellir ce monde où le Fils de Dieu s'est incarné.

Puissions-nous également grandir dans l'intelligence du cœur qu'accompagnent l'attention aux autres, surtout aux plus petits et aux plus faibles, un certain sens du travail en équipe, la disponibilité aux imprévus de la vie.

Car de l'intelligence et de la dextérité il en faut mais de l'amour et de l'écoute il en faut également, et cela d'ailleurs quel que soit la profession que nous exerçons ou les situations dans lesquelles nous nous trouvons.

Cela est la prière que nous formulons les uns pour les autres.

Ensemble, demandons au Seigneur qu'il nous donne d'être des hommes et des femmes de l'essentiel, toujours prêts, comme les foules et les publicains de l'évangile, à se laisser bousculer par la Parole de Dieu qui libère et fait vivre.

Demandons au Seigneur qu'il nous donne d'être des serviteurs de l'amour de Dieu qui apprennent à discerner ce qui est le mieux pour leur vie et pour le service qu'ils ont à exercer, serviteurs accueillant la paix de Dieu qui, comme saint Paul nous le rappelle dans la deuxième lecture de ce dimanche, «la paix de Dieu qui dépasse tout ce que l'on peut concevoir» ;

des serviteurs dans la joie du Seigneur que l'Apôtre recommandait aux chrétiens de Philippes :

«Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie. Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes.»

Puisse-t-il en être ainsi pour chacune et chacun d'entre nous.

Amen !

F. Benoît-Marie