Rameaux 5 avril 2020 La Passion selon saint Matthieu

Monition d’entrée

La célébration du dimanche des Rameaux et de la Passion, commencement du mystère pascal , est celle d’un triomphe qui tourne au désastre ! Cette année, pour nous tous, le désastre est sensible dès la célébration du triomphe : pas de peuple, pas de foule, pas de cortège…

 

Homélie

Puisque cette lecture de la Passion résonne ce matin pour beaucoup de personnes isolées, je voudrais prolonger cette écoute par une prière, la prière d’un disciple désemparé.

Seigneur, en chacun de nous dort un Judas, un homme divisé intérieurement, angoissé sûrement, mais aussi un homme intéressé, avare, égoïste, un homme qui n’y croit plus, qui ne pense qu’à sauver sa peau au moment de la détresse, et tant pis pour les autres… Sauve cet homme, ramène-le à toi.

Seigneur, en chacun de nous il y a un Pierre, un prétentieux qui croit qu’il ne tombera pas, qu’il ne fuira pas, qu’il est incapable de te renier. Sauve cet homme.

Seigneur, en chacun de nous, il y a un juge, un Pilate, quelqu’un qui se croit impartial, au-dessus de la mêlée. Sauve cet homme.

Seigneur, en chacun de nous, il y a un simple soldat, porté à la moquerie, au mépris, prompt à rire avec les autres, à hurler avec les loups, capable de passer à côté d’un véritable saint sans le remarquer. Sauve cet homme.

Il y a en moi un Simon de Cyrène aussi, quelqu’un qui ne comprend rien à ce qui lui arrive, qui est injustement compromis, qui n’avait rien à voir avec cette histoire, qui n’avait rien demandé à personne. Sauve celui qui voudrait se défiler, rester sur le côté.

Il y a en moi un condamné qui souffre le martyre, et qui est incapable de sortir de sa propre détresse. Sauve cet homme.

Il y a en moi une sainte femme, qui pleure à distance, qui se croit inutile, un Joseph d’Arimathie qui fait de son mieux mais sans voir au-delà de l’immédiat, d’actions nécessaires et vertueuses mais mortes. Sauve-nous.

Seigneur, il y a en chacun de nous… le Seigneur : Toi, comme enseveli sous tant d’autres masques qu’il faudrait pouvoir déposer, enfin. Sauve-nous.

frère David