2° dimanche du TO (A) Jn 1, 29-34

Frères et sœurs, dimanche dernier nous célébrions le Baptême du Christ. Au travers de cet évènement mystérieux, l’Enfant de la Vierge, né à Bethléem, devenu adulte, est alors reconnu par le Ciel, plus précisément par le Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toute ma joie ! » Sur ce fils plane comme une colombe en laquelle toute la tradition, depuis Jean-Baptiste, a reconnu la présence du Saint-Esprit. Cette manifestation, donc, nous a révélé la véritable identité de Jésus : Il est le premier Fils premier né du Père, né de Marie, vraiment Dieu et vraiment homme comme nous le professons dans le Credo.

Aujourd’hui, le passage de l’évangile selon saint Jean, que nous venons d’entendre, nous offre le témoignage de Jean le Baptiste au sujet de cet évènement sans même que, dans son évangile, il rapporte cet évènement ou le décrive. L’évangéliste se contente de récolter et de transmettre les paroles du Baptiste qui illustre sa mission de précurseur et la mission de Celui qui est plus grand que lui. La mission de Jean le Baptiste consiste à faire connaître à Israël Celui qui vient et inviter le peuple à se préparer pour L’accueillir, à passer par les eaux en signe de pénitence pour mener dès lors une vie de conversion qui permette d’accueillir Celui qui vient. Jean Baptiste sait qu’il précède Celui qui est attendu, le Messie, un Messie, dit-il, qui était avant lui, c’est-à-dire qui doit venir d’En Haut, qui doit venir de Dieu. La voix mystérieuse et la présence de la colombe au-dessus de Jésus permettent à Jean-Baptiste de comprendre que Jésus est le Fils de Dieu, comme il l’affirme, le Messie attendu, Celui, dit-il, qui va baptiser dans l’Esprit-Saint !

En effet, la mission de Jésus, la mission de l’Envoyé du Père est bien d’obtenir le don de l’Esprit pour l’humanité afin que cet Esprit soit répandu dans les cœurs désireux de partager la vie divine. Ainsi pourra se réaliser le dessein éternel de la Trinité, son projet, cette Trinité qui a créé l’homme et la femme pour qu’ils partagent la communion d’Amour qui unit les trois Personnes Divines.

Le Baptême de Jésus annonce déjà la venue de l’Esprit par ce qui sera, par ce qu’il instituera le baptême que nous connaissons. Nous-mêmes, baptisés dans l’Esprit, devenus temples de l’Esprit-Saint, nous bénéficions d’une grâce extraordinaire ! Nous sommes appelés à collaborer instant après instant, avec cet Hôte intérieur, pour, avec Lui, progresser dans la connaissance et l’amour de Dieu et mener une vie sainte, de plus en plus conforme à la volonté du Seigneur sur nous.

Comme l’apôtre Paul écrira aux Romains : « l’Esprit-Saint vient au secours de notre faiblesse et Il nous fait participer à la victoire du Ressuscité sur le péché, la mort, les puissances du mal ». La vie baptismale est une vie selon l’Esprit ! Mes frères et sœurs, avons-nous conscience de cette présence de l’Esprit-Saint ? Collaborons-nous avec Lui, de jour en jour ? Le prions-nous ? L’écoutons-nous ? Saint Jean-Paul II, dans son encyclique sur le Saint-Esprit (Dominum et vivificantem) écrivait : « introduire dans la vérité tout entière, cela s’accomplit dans la foi et par la foi : c’est l’œuvre de l’Esprit de Vérité et c’est le fruit de son action dans l’homme. En cela, l’Esprit-Saint doit être le guide suprême de l’homme, la Lumière de l’esprit humain ».

Je vous invite, frères et sœurs, aujourd’hui, à demander aussi bien je dirais à titre personnel qu’à titre communautaire, la grâce d’apprendre à être docile à l’Esprit-Saint. Que chacun de nous, que tous les baptisés, c’est-à-dire tous les chrétiens, se laissent conduire par Celui qui a mission d’accompagner l’humanité vers le Père pendant le temps de l’Eglise. Il est cet autre Paraclet annoncé par Jésus, le Christ étant le premier Paraclet. Le paraclet c’est celui, à l’époque du Christ, qui accompagne le condamné. Il y avait des prisons déjà, mais bien souvent il n’y en avait guère. Alors, on entravait les prisonniers et le prisonnier avait besoin de quelqu’un, un paraclet, qui l’accompagnait dans toutes ses démarches : il était aussi bien l’ami que le défenseur devant le tribunal, l’avocat, le compagnon, celui qui s’occupait de la nourriture pour le condamné…

C’est magnifique d’avoir un Paraclet qui est l’Esprit-même de Dieu. Mais quelle est notre relation au Paraclet ? Par Lui nous pouvons être unifiés, personnellement, par la Grâce  et progresser sur le chemin de la sainteté. Par Lui nos communautés peuvent progresser sur le chemin de la communion entre chrétiens d’Eglises diverses, cette unité que le Sauveur a désiré, au moment même d’entrer dans sa Passion, de manière si ardente pour que tous les chrétiens vivent une communion à l’image de la Communion qui existe entre les Personnes de la Trinité, Amen.

Mgr Jean Legrez