Sainte Marie, Mère de Dieu (C) Lc 2, 16-21

En ce premier jour de l’année il y a urgence. Le pape François le crie dans son message de Noël, comme dans son exhortation pour cette journée de la paix : la fraternité, la paix entre les hommes est urgente ; il est urgent que la paix qui vient de Dieu puisse toucher et guérir l’humanité ; et cela, autant et plus qu’il est urgent d’appeler un médecin ou de courir aux urgences si quelqu’un, pris d’un malaise, s’effondre au milieu de nous. L’humanité est malade de son manque de paix, de fraternité. L’actualité nous montre qu’il y a urgence au niveau international, pour le climat, pour la paix au Yémen, en Syrie, en Terre Sainte, en République démocratique du Congo, au Venezuela, etc. Au niveau national, en France, il n’y a pas besoin de faire un dessin, les derniers évènements sont assez explicites.

Pour des chrétiens, rassemblés comme nous en cette Eucharistie pour fêter Marie mère de Jésus et Mère de Dieu, il y a d’autant plus urgence que nous connaissons le remède vers lequel il nous faut courir, nous hâter, comme dans notre évangile, « les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem… » comme Marie, à l’annonce de l’ange, se hâta de se rendre chez Elisabeth, comme Joseph, averti en songe, se hâta de prendre l’enfant et sa mère et de fuir en Egypte…

Le remède, c’est Jésus et son Évangile. Le nom qu’il a reçu le huitième jour – Jésus=Dieu Sauve – nous dit qu’il est le Sauveur de tous les hommes et qu’il n’y en a pas d’autre. Quand l’homme posait pour la première fois les pieds sur la lune, en 1962, Malraux, un agnostique posait la question : À quoi bon aller sur la lune si c’est pour s’y suicider ? Il ajoutait : les hommes peuvent-ils arriver à vivre en paix, à fonder la communion entre eux sans accepter le recours à une transcendance révélée ? Cette  transcendance a un nom pour nous : Dieu ; pas seulement un nom, mais un visage : Jésus. La première lecture nous le rappelle : en Jésus, Dieu « a fait briller sur nous son visage », Dieu « a tourné vers nous son visage ». 

Non seulement nous connaissons le nom du remède, mais nous le possédons comme une réalité cachée, mais qui habite en nous, puisque – nous dit Paul dans la 2ème lecture : « Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, qui crie : Père !… » Si le souffle, la respiration même de Jésus, le Fils Unique, le Frère universel est en nous, c’est sa vie qui est en nous, c’est son cœur qui bat dans le nôtre. Fils de Dieu, par notre baptême, nous sommes frères les uns des autres, que nous ayons ou non des atomes crochus, que l’autre nous soit naturellement sympathique ou non, nous sommes frères en Jésus et, si nous le croyons, nous pouvons bâtir la paix, le dialogue devient possible même entre frères ennemis… Jésus est la Paix possible, notre paix.

Alors, en ce 1er janvier, n’ayons qu’un vœu à formuler pour chacun et chacune de nous : qu’à la manière des bergers, nous fassions cette année la découverte de Jésus, le nouveau né couché dans la crèche de nos vies. Cette découverte de Jésus et de son Evangile suppose pour l’Église de ce temps et pour chacun et chacune de nous, baptisés, 3 choses : Annoncer Jésus, la Bonne nouvelle, comme les bergers, dans notre évangile, « racontent ce qui leur avait été annoncé à propos de cet enfant » – célébrer Jésus, comme les bergers « glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu ». Quelle place a la prière dans ma vie, à la manière de « Marie qui retenait et méditait dans son cœur tout ces événements » - enfin témoigner de Jésus par l’Esprit Saint répandu en nos cœurs, et saint Paul, dans la deuxième lecture nous dit que c’est l’œuvre même de Dieu qui se réalise ainsi.

Pour cela Marie, Mère de Jésus et Mère de Dieu, la « première des croyantes » comme l’appelle le Concile Vatican II, reste notre modèle et notre soutien, puisqu’elle a reçu et  conçu la Parole dans son cœur avant de l'enfanter dans sa chair. Bonne Année, en compagnie de Marie, de Joseph, des bergers et des mages, à la rencontre et à la découverte de Jésus et de son Evangile ! Amen !

P. André-Jean