Nativité du Seigneur : Messe du Jour (A) Jn 1, 1-5.9-14

Noël ! C’est aussi les rencontres en famille, les cadeaux que l’on se fait… Aujourd’hui, le cadeau pour toute l’humanité c’est l’enfant de la crèche : Il est là et, pour nous chrétiens, Dieu est là, manifesté et caché dans cet enfant si petit qu’il est passé inaperçu pour beaucoup. Noël, c’est l’Enfance de Dieu, le mystère d’un Dieu-enfant, en qui repose l’espérance des hommes. Arrêtons-nous près de l’enfant de la crèche pour écouter Dieu car, « dans les derniers temps, dans ces jours où nous sommes, Il nous a parlé par le Fils… », par cet enfant. Arrêtons-nous près de l’enfant de Bethléem, pour mieux connaître Dieu, car ce tout petit est « l’expression parfaite de Dieu, le reflet resplendissant de Dieu notre Père… ». Il est la Vie, l’amour, la paix, la joie de Dieu, ‘’le sourire de Dieu pour toute l’humanité ‘’ disait ces jours ci le pape François. Arrêtons-nous près de cet Enfant pour être éclairés, réchauffés par la lumière de Dieu, car ce tout-petit est « la vraie lumière qui éclaire tout homme, en venant dans le monde », la lumière pour aujourd’hui, pour l’aujourd’hui de l’humanité, pour notre aujourd’hui à chacun.

Oh ! bien sûr, il y a des ténèbres. Il fait nuit pour l’humanité lorsque la foi au Dieu qui s’est fait homme rencontre la religion de l’homme qui se fait dieu, qui refuse Dieu, qui veut prendre la place de Dieu. Mais les ténèbres ne sont pas les plus fortes : « Il est venu chez les siens et que les siens n’ont pas reçu. Mais tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son nom ; il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu… » vient de nous dire l’Évangile.

Quand Dieu naît parmi les hommes, se fait homme, il leur apporte la capacité de naître à leur tour à la vie de Dieu, celle qui ne finit pas, que la mort ne détruit pas. Dans l’enfant de Bethléem, il y a une espérance, un avenir pour nous, l’espérance de la vie éternelle. C’est en cela que l’Enfant de la crèche est « la Lumière qui brille dans les ténèbres et que les ténèbres n’ont pas arrêtée… ».

Quand Dieu en Jésus vient sur terre c’est pour nous faire entrer au ciel, pour nous unir à Lui tant que nous sommes sur la terre et lorsque nous quitterons ce monde, nous unir à lui et entre nous plus totalement encore et pour toujours. Noël, c’est Dieu, en Jésus, qui arrive chez nous pour faire arriver tous les hommes jusqu’à Lui.

Le faire-part de naissance d’une arrière petite nièce portait ces mots : « Ça y est ! J’arrive ! » J’apprenais presque en même temps le décès d’une moniale : 93 ans, une vie de silence, de travail et de prière toute donnée à Dieu et à sa communauté. Quelques unes de ses sœurs étaient auprès d’elle pour sa dernière communion. Elle communie au corps du Seigneur, regarde ses sœurs et dit : « Mes sœurs, ça y est ! ça y est… » Elle rend ainsi le dernier souffle et son âme à Dieu. C’était sa manière d’enfant de Dieu de dire : « Père en tes mains je remets mon esprit… Tout est accompli » Elle était arrivée. Ce n’est pas réservé aux moniales ! Je pense à cette maman qui réconforte les siens au moment de les quitter : « Ne vous désolez pas ! Je ne pars pas, j’arrive ! Je vais rejoindre tous ceux que j’ai aimés et attendre tous ceux que j’aime ! » La dernière communion ici-bas, on l’appelle le « viatique », le pain, la nourriture de la route. L’enfant de la crèche, est le même qui, un jour, dira à ses apôtres les paroles de chaque eucharistie : « Prenez et mangez ceci est mon corps livré pour vous. ». Ressuscité d’entre les morts, Jésus est le pain de la route pour notre traversée de la mort et notre entrée dans la vie.

Parce qu’ «… à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu », Il vient ainsi transformer toute mort en naissance. Il naît parmi les hommes pour les faire naître à la vie de Dieu, il arrive chez nous pour nous faire arriver chez lui. L’incarnation de Dieu dans notre chair à Noël est pour la divinisation de l’homme, pour faire pénétrer notre corps et notre histoire humaine en Dieu, pour les intégrer totalement à sa vie, au terme de la route. L’enfant de la crèche est maintenant au-dessus des Anges, dans la lumière et la gloire éternelle du Père et pourtant Il est l’Emmanuel, Dieu avec nous, tant que dure l’histoire de l’humanité. Arrêtons-nous près de la crèche, en ces jours de la Nativité, pour reprendre souffle, pour nous renouveler dans l’espérance auprès de Celui qui nous apporte la vie, qui est, pour nous, la vie qui ne finit pas. Amen.

P. André-Jean