Elle a marché sur la lune

« Elle a marché sur la lune », chante-t-on en Côte d'Ivoire, pour la fête de l'Assomption de la Sainte Vierge. Traduisons : « La lune est sous ses pas ». En Europe, l'expression « marcher sur la lune » associée à la figure de Marie peut nous faire sourire, car nous avons en tête la conquête de l'espace, le jour où des hommes ont posé le pied sur le satellite de la Terre, un 21 juillet 1969, pas très loin du 15 août. Et quelques années avant, en 1954, l'album des aventures de Tintin : « On a marché sur la Lune »… Marie, première femme à avoir marché sur la lune, car elle a été revêtue du soleil, de la grâce de Dieu, comme personne d'autre sur cette terre.  

Marcher sur la lune, c'est quelque chose d'extraordinaire, d'exceptionnel et unique. Est-ce que nous avons conscience, comme Marie, de vivre un miracle permanent ? Si au moins nous déambulions sur la terre ferme, mais non ! En général, nous marchons sur la tête. Notre tête est tournée vers la terre, au lieu d'être orientée vers le ciel, vers notre Patrie. Le nez dans le guidon, nous ne savons plus regarder la lune et les étoiles. Saturés de lumière, nous n'arrivons plus à percevoir les petites choses simples du quotidien, qui sont pourtant extraordinaires !

Aujourd'hui, en Occident, la lumière de l'Eglise ne brille plus comme autrefois. Baisse des vocations, de la pratique religieuse… Le soleil de la chrétienté a laissé place à la discrète et douce clarté de la lune. Tant mieux, car l'Eglise a précisément vocation à être « lune », plutôt que « soleil ». Sa lumière lui vient de Dieu, et non d'elle-même. Elle n'est pas « source », mais témoin de la grâce. À la suite de la Vierge Marie, les chrétiens que nous sommes peuvent témoigner de l'extraordinaire de Dieu dans l'humilité du quotidien. Dans un monde aveuglé d'idoles et de dieux soleils, la lumière douce de l'Eglise saura peut-être convertir les cœurs de nos contemporains, et leur montrer des étoiles lointaines et inconnues, dans l'obscurité profonde de la nuit.

Fr. Columba